Le culte
Dans le culte nous répondons à notre conscience du divin. On peut y répondre en étant tout seul, mais en se réunissant avec d’autres dans une attente silencieuse nous pouvons découvrir un sens approfondi de la présence divine. Dans nos cultes nous cherchons une pleine participation au silence attentif, afin que tous puissent sentir la puissance de l’amour divin qui nous rassemble et qui nous guide.
Conseils et Questions. No 8.

Le culte en commun est à la base de la vie collective de la Société Religieuse des Amis : c’est dans le culte que naît notre esprit de communauté. Le procédé collectif de contemplation dans le culte basé sur le silence peut évoquer un sentiment de présence divine dans une attente sacramentelle. Les Amis forment une communauté mondiale, aussi le format de notre culte varie selon lequel chaque culture donne plus ou moins d’importance à une approche programmée. Malgré les différences, la plupart d’entre nous seraient probablement d’accord avec ce qui suit :

Le culte est le cœur : la station génératrice, la source d’inspiration. Il est base sur un concept mystique selon lequel on obtient l’union avec le Divin et on perçoit la vérité au delà de la compréhension. Cela nécessite un cœur ouvert à la Lumière Intérieure et un esprit calme et humble : des gens ordinaires qui éprouvent un sentiment de paix, de force et de partage. On peut voir dans la nature unique de chaque culte un acte de foi en relations personnelles et une expérimentation de recherche religieuse.
George Gorman (Introducing Quakers)

Dans le silence, je peux simplement repasser dans mon esprit ce que j’ai à faire pendant la semaine, ou me concentrer sur des soucis concernant des amis ou bien me débattre avec un problème. Dans le silence du culte, je trouve la place de les présenter tous à Dieu. En d’autres occasions je me sens enveloppée par une prise de conscience d’une Présence, dans un endroit de soutien, ou d’instruction, ou de prière ou d’émerveillement.
Margery Post Abbott (Philadelphia YM Faith & Practice)

Au début du mouvement quaker, le format du culte était non programmé, souvent avec de longs sermons par des leaders charismatiques, entrecoupés de moments d’attente face à Dieu dans le silence. Pendant les années de renouveau évangélique, fin 1800, un grand nombre de groupes d’Amis d’Amérique du Nord se sentirent revitalisés par l’adoption d’un service pendant lequel le silence était rompu par la prière, des cantiques, la lecture des écritures, les témoignages personnels et un sermon par un pasteur. C’est ce format que les missionnaires quakers apportèrent à l’Afrique Orientale et Centrale, en Asie et d’autres régions des Amériques. Dans ces pays, des traditions locales ont été également ajoutées.

Puisque les Amis sont convaincus que tout endroit est sacré ils ne voient pas la nécessité d’avoir des bâtiments spécialement consacrés pour leur culte. S’il n’existe pas de Maison Quaker ou d’église ils sont prêts à partager un local avec une autre organisation religieuse, à louer un hall ou à se réunir dans une maison particulière. Le critère principal est une disponibilité régulière et un cadre paisible, non bruyant qui est favorable au recueillement. Le nombre de participants au culte peut varier. A Dehli, un Ami fit fidèlement acte de présence seul avec Dieu dans le silence chaque dimanche pendant plusieurs années dans une salle de l’Association de Jeunesse Chrétienne. De temps en temps, quelques personnes répondaient à son annonce et il les invitait à se joindre à lui.

Tout le monde peut assister au culte des Amis et il faut que ceux qui viennent pour la première fois se sentent les bienvenus. Pour que le mode de culte pratiqué soit clair, on peut mettre à leur disposition des petits dépliants qui décrivent notre culte. Il est important de faire la différence entre le recueillement face au Dieu vivant et une thérapie de groupe. Ignorant cette différence, certains ont été amenés à abuser du calme et de l’attention du groupe en exposant leurs problèmes personnels. Certains groupes offrent un moment de partage de joies ou de peines à la fin de l’heure du culte. Ceci est surtout utile dans les cas ou le culte était d’habitude surchargé par ce genre de partage. S’il ya des éléments programmés dans le culte, on se doit d’expliquer leur but et le moment précis afin que tout le monde sache à quoi s’attendre.

L’aspect physique du lieu est aussi important : le décor et les meubles se doivent d’être simples. Dans les cultes non programmés, les chaises ou les bancs sont d’habitude arrangés en cercle ou en carré pour souligner le sentiment d’égalité et encourager la participation de chacun. De simples objets peuvent être posés sur une table au milieu tel qu’une Bible ou le Livre de Foi et Pratique(1), des fleurs ou pour une occasion spéciale une bougie allumée. Dans les cultes programmés, il y a d’habitude une estrade où ceux qui à tour de rôle dirigent le culte peuvent être mieux vus et entendus. Le culte débute quand les gens commencent à se réunir dans le silence et les participants rentrent dans le recueillement dans une unité croissante.

Bien que d’habitude le culte se tienne le dimanche matin, il peut avoir lieu n’importe quel jour. Pour la communauté des Amis, cependant, ce qui est important c’est de se réunir fidèlement pour le culte à une heure régulière qui convient à tous. Le culte dure normalement environ une heure. Les enfants sont invités à y participer mais comme certains peuvent avoir des difficultés à rester immobiles pendant toute la durée du service, ils peuvent suivre leur propre culte ou activité plus programmés pendant une période de temps à part.

Les Amis forment une communauté séparée par de vastes distances. Aussi se fixer une heure pour le culte sachant que d’autres sont réunis à ce moment-là peut apporter un sentiment de soutien. C’est ce qu’ont fait avec succès les Amis du Moyen Orient à Ramallah, West Bank et à Brummana, Liban quand les frontières les empêchaient de se réunir physiquement : à une heure fixe ils se recueillaient ensemble par l’esprit. Bien qu’éparpillés dans toutes les régions de l’Inde, les membres de la Conférence Générale des Amis de l‘Inde se recueillent ensemble à neuf heures et demie du soir. Partout dans le monde on a encouragé les Amis à se réunir à une heure donnée, heure locale, où qu’ils soient, pour prier ensemble pour des causes spéciales, telles que pour les Amis de l’Afrique du Sud ou pour la paix parmi le peuple de Kosovo dans les temps de conflits et de violence dans ces pays.

Cœurs et esprits dispos
Essaies-tu de réserver des périodes de tranquillité pour être ouvert à l’Esprit divin ?
Prends la peine d’apprendre des autres, de leurs expériences de la lumière. Rappelle-toi l’importance de la Bible, des écrits des Amis et de toute écriture qui révèle les chemins de l’Esprit
Conseils et Questions. Nos 3 et5.

Empêche tes propres pensées de troubler et d’échauffer ton esprit et ton âme ; alors tu sentiras l’esprit de Dieu t’orienter vers le Seigneur dot tu recevras sa force et sa puissance, qui sont la source de la vie.
Fox(Journal)

Le culte et sa préparation nécessitent notre attention plus qu’une fois par semaine. En particulier pour ceux qui sont membres d’un culte non-programmé il est recommandé de se préparer avec soin et discipline afin d’utiliser au mieux le temps de recueillement collectif. Cela peut comprendre des moments réguliers de recueillement, la lecture d’une variété de textes qui nous inspirent et la réflexion sur Conseils et Questions, tous ces moyens quakers utiles à l’examen de nos vies quotidiennes. En d’autres occasions ce dont on a besoin sont l’appréciation de la beauté de la nature une rencontre avec (par lettre) avec un compagnon spirituel avec qui on a une affinité. Pour ceux qui spécialement ont des difficultés a dormir, la prière et la lecture pendant la nuit peut être une préparation utile au culte, pour recueillir son esprit et mettre de cote les soucis de la journée. Une fois ces habitudes acquises, moins de temps sera peut-être nécessaire pour se recueillir pleinement et être attentif de la Présence vivante au commencement du culte.

Le Ministère de la Parole
Alors que venir au culte avec l’esprit dispo est important, cela ne comprend pas la préparation du ministère parlé dans un service de culte non-programme. Le plus profond ministère de la parole se produit spontanément poussé par le Saint-Esprit après un procédé de recueillement en chacun pendant le culte. Certains Amis entrent dans le silence avec leur discipline intérieure, en se servant consciemment de prières de confession, de gratitude, de louanges, d’intercession et de pétition pour acquérir le recueillement. D’autres élèvent leurs pensées vers le Centre Divin a l’aide de la répétition d’une prière ou d’une phrase, ou tout simplement ils font le vide dans leur esprit et sont à l’écoute.

Au fur et à mesure que le silence devient de plus en plus profond, et qu’on se détache des distractions temporelles afin de rencontrer Dieu, le ministère de la parole naît telle qu’une expression extérieure de ce qui s’est développé pendant le silence. Souvent les ministères peuvent se succéder en s’appuyant sur ce qui a été dit auparavant, l’inspiration de l’Esprit révélant ainsi qu’un culte est profondément recueilli.

Certains cultes peuvent se tenir complètement dans le silence quand personne n’est poussé à le rompre. Les Amis de la tradition non-programmée chérissent l’expérience du silence car cela leur « permet pour un moment d’être conscients du sens intérieur et profond de leur vie individuelle et collective.» (Quaker Worship. Quaker Home Service, 1989). De plus tout en étant un temps de louanges et de gratitude, le culte devient un temps où on apprend à écouter, à accepter ses frustrations et où on cesse de juger : étant tous des points essentiels de la subjugation du soi qui nous aide au long de notre chemin.

Parmi certains groupes d’Amis il y a des membres dont la langue maternelle est différente ou qui utilisent une langue autre que celle qui est en usage dans la région où ils se réunissent. Il est bon d’expliquer que le ministère de la parole est le bienvenu dans la langue dans laquelle la personne se sent le mieux à l’aise. Une autre personne présente sera peut-être capable d’interpréter une fois le ministère terminé. Sinon, les Amis qui ne comprennent pas peuvent l’accepter confiants que cela vient de l’Esprit, se réjouissant « de sentir d’où viennent les paroles ». (Papunehang, cité dans Le Journal de John Woolman, 18/06/1763).

Les cultes programmés permettent une plus grande expression de louange et de joie pour la plénitude et pour le rôle de Dieu dans nos vies. Le pasteur des Amis sait qu’avec le chant et les écritures, la prière vocale et les témoignages, le Saint-Esprit peut se manifester dans chacun et il prie que le sermon qu’il a préparé à l’avance offrira aux participants une vision qui dirigera leurs pensées sur le droit chemin. Bien souvent, un pasteur sensible au groupe leur a présenté un message autre que celui qu’il avait préparé. « Beaucoup de gens croient que le ministère quaker devrait être spontané, exclamatoire et non prémédité. Ce qui n’est pas le cas, a condition que l’on ait la discipline spirituelle selon laquelle on est capable de faire la différence entre la voix de Dieu et sa propre voix. » (John Punshon, Encounter with Silence, p.81)

Extrait de « Cheerfully over the World, A handbook for isolated Friends” Comité international d’adhésion.
Last modified: Sunday, 30 December 2012, 2:56 PM